20/06/2008

En-saignant


diplom1

« La lumière est quelque part, couchée sur un papier … ton diplôme ».

Ces quelques mots m’ont ramenée plusieurs années en arrière. Dix ans, pour être précise. A une poignée de jours près, il y a dix ans que je devenais officiellement agrégée de l’enseignement secondaire inférieur.

Happy Birthday to my diplôme, au fait.

La belle affaire, me diras-tu. C’est que je pensais alors, refusant tout net de travailler dans ce secteur. J’ai fait les études… pour les études, et non pour la profession.

Des profs, il en faut et je te le concède. Il est de ces gens qui ont ça dans l’âme et je n’en fais pas partie, même si je l’ai cru, un moment.

Seule autosatisfaction : c’est l’une des rares choses que j’ai menée à son terme.

« Grâce à lui, tu pouvais être dans la lumière tous les jours, être quelqu'un qui compte, quelqu'un qu'on écoute... »

Mwouais. Hors de l’enseignement, point de salut, sans doute. Je m’insurge : même dans la profession que j’exerce ( !), je rencontre des gens, je parle, j’écoute, on me parle, je suis écoutée. Tout ça tout ça, si, si. Dingue, non ?

Trêve de plaisanterie, j’ai eu la chance de faire de superbes études, et d’exercer un tout autre métier qui me plait énormément.

Je dois bien l’avouer, chaque mois de septembre voit naître un petit nœud au creux de mon ventre, en regardant tous ces écoliers se rendre à l’école pour leurs premiers cours, tous ces enseignants prendre connaissance de leur classe, donner les premiers devoirs, préparer les premières leçons. Comme un appel que je ne veux pas entendre. Je n’y retournerai pas.

J’aurai sans doute pu, tout comme ceux-là, être dans la lumière, debout sur l’estrade, m’appliquant à écrire droit sur le tableau noir (ou blanc, c’est selon).

Suis-je pour autant dans l’ombre, sur le plan professionnel ? Quand je vois les ‘petites’ difficultés que cause mon futur remplacement, j’ai des doutes …

C’est d’une toute autre mise en lumière, dont je parlais …

Ainsi va la vie, trois petits tours et puis s’en vont.
Trois petits mois et puis s’en va, en ce qui me concerne.

C’est une page importante de ma vie que je m’apprête à tourner. Un je-ne-sais-quoi de nostalgie, des collègues qui, peu à peu, sortiront de mon entourage, car on se perdra de vue, on se verra peut-être encore, de loin en loin et puis … Des amitiés auxquelles je veux croire … et que je crains de voir s’effilocher au fil du temps… Le temps est assassin, loin des yeux etc. etc. Nostalgie, mélancolie donc.

C’est une page importante de ma vie que je m’apprête à écrire. Je suis libre, libre de choisir. L’éternel problème étant que tout m’intéresse, il va falloir cibler un peu. Une certaine impatience bout dans mes veines : vais-je reprendre des études ? Vais-je perfectionner certains aspects de mon métier ? Vais-je rester à la maison et m’offrir le luxe de voir grandir mes enfants ?

Vais-je oser, tout simplement ?

21:10 Écrit par Chlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

12/06/2008

Nombrilismes


« J’voulais parler d’ma vie, c’est rare quand ça m’arrive

Un moment suffira, y a pas grand’chose à dire…

Passé 30 ans et je sais, au moins j’imagine,

Je n’aurai jamais mon nom dans les magasines.

Je suis de celles que la foule rassure,

On ne peut être bien que parmi des milliers

Has been avant d’avoir été, c’est un peu dur

Ma vie, tout l’monde aurait si bien pu

S’en passer ».

J.-J. Goldman

 

Non, je ne te dis pas ces peurs, mes lueurs ou mes flammes. Je ne te dis plus le sang, qui fait cogner mon cœur. Je ne te dis pas mes moments, si froids et si pâles. Et ton visage, cher lecteur, qui justifiait mes heures.

Dernièrement, j’ai relu un brouillon de mail que je t’écrivais, D., un mail improbable, réponse au tien qui me disait, texto : « Ca me fascine la façon dont tu parles de toi, en toute simplicité avec énormément de sensibilité. En plus, tu sais manier la plume, pardon le clavier ».Tu parlais alors de mes écrits, avant que je ne joue « Eraser ».

2003. Mes débuts ici, dans ce petit espace virtuel, anodin aux premiers abords et qui, insidieusement, prend de plus en plus de signification(s), d’importance et de temps. La période la plus délicate de ma vie, aussi. Année charnière construite sur des ruptures, des rencontres, des idéaux qui s’effondrent,  premiers prémices de ma carapace. Il y en aura d’autres.

Ai-je changé depuis lors ? Sans doute, tout en restant fondamentalement la même, toujours hésitante, paradoxale, la tête dans les nuages et les pieds fermement sur terre. Allant de joies inextinguibles en peines brûlantes. Cette fille qui tombe sept fois pour se relever huit. Je suis toujours celle-là.

J’ai peut-être un zeste de sagesse de plus, un brin de folie qui s’est soustrait. Jouant un peu moins l’écorchée vive, j’ai appris à dissimuler certaines plaies. A quoi bon ? Ma vie n’est ni meilleure ni pire qu’une autre, au final. On a tous notre lot de problèmes, nos moments bonheurs et nos instants miracles. Il suffit parfois d’un rien et tout bascule, du malheur à la plénitude, de l’apathie à l’euphorie, du yin au yang. Ce cercle éternel des énergies contraires, qui régit notre vie et nous apporte ce frêle équilibre. Tel des funambules, nous nous tenons au milieu de tout ce foutoir, tentant désespérément de répondre à la question : « pourquoi ».

J’aurai aimé être artiste, je suis née cérébrale. Quelle contrariété à gérer, dès le départ ! De naissance donc insatisfaite, devenue par la suite perfectionniste dans les moindres détails, c’est  une lente descente aux enfers sur laquelle je glisse quotidiennement. Je n’aime pas vivre avec moi. Il existe ce léger décalage entre mon image et ma réalité, qui me trouble. Ce que je voudrai être, et ce que je suis. La différence ? Une question de confiance en soi.  Je rêve de mise en lumière, mais dès que pointe un projecteur, il n’y a plus personne. Chloé est rentrée dans sa carapace.

Un pas devant l’autre, et parfois, un pas en avant pour trois en arrière. Valse hésitation enivrante, lent jeu du chat et de la souris. L’enjeu ? Me trouver. J’ai 20 ans d’errance à combler.

Nombrilisme(s), je t’avais prévenu.

20:50 Écrit par Chlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

07/06/2008

Yoann, en quelques photos ...

09:43 Écrit par Chlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/06/2008

Mariage et anecdotes

Cher toi-qui-me-lis, comme tu le sais sans doute, le mariage était donc fixé à 11h30.

Or donc, une dame nous accueille à la maison communale de LaOuskeJhabite (encore pour deux mois), nous et notre petite troupe de fidèles-de-la-famille.

Les minutes s’égrainent, les enfants (grands et petits) jouent dans la salle communale, la dame regarde sa montre … pas de bourgmestre !

On continue à sourire, en se promenant dans le jardin, en prenant quelques photos … La dame, prise d’un doute, téléphone au mayeur pour qu’il confirme sa présence.

Il arrive vingt minutes plus tard, confus, et explique : «  Dans mon agenda, j’avais noté 12H30 ! J’ai même dit à ma femme que c’était une drôle d’heure pour un mariage et que, ma foi, on aurait dîné plus tard … J’ai fait aussi vite que j’ai pu, j’ai dû prendre une douche, car si vous saviez où j’étais à 11h30 … »

Je l’interromps d’un sourire. Non, vraiment, nous ne tenons pas à savoir où il était à 11H30 … Nous sommes venus ici pour nous marier, peuchère !

Ce retard a quand même eu l’heur de provoquer quelques rires …

Je te passe le dîner, cher lecteur. Tu imagines aisément que nous avons bu, mangé, rebu, mangé encore, et … mangé ! Je pense avoir préparé pour un régiment, au vu de ce qu’il restait dans les plats, nos hôtes une fois repus ….

Vers 19H00, nous nous éclipsons : un mini voyage de noces, d’une durée de 48 heures chrono, nous attendait. A cet instant précis, l’orage éclate. Et c’est sous la drache nationale, la foudre et le tonnerre que nous atterrirons dans une jolie petite villa, trempés comme des souches … La suite en photos …

 

21:22 Écrit par Chlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |