21/04/2010

Un ami ?

Aujourd'hui, je t'ai parlé comme je parle rarement. Hormis ici. Ici où j'exhorsisais autrefois, ici que j'ai laissé tombé, mais jamais totalement. Ici où j'étais connue, parfois reconnue, par mes mots et mes maux, couchés sans fausse pudeur sur l'écran. Une fois mon égo satisfait, je coupais la connection. Clic. A plus tard vous autres, lecteurs fidèles ou de passage, à plus tard ... si je veux. Le virtuel a ses dérives. Le virtuel est humain. Quoi qu'on en dise, d'ailleurs.

J'ai moins de choses à dire, sans doute. Où trop. J'ai peut-être laissé la vie me guider, tout simplement, sans plus craindre demain. Sans plus compter les pertes, les dégâts et autres bobos de l'âme. Cette vie de maman, qui me comble de joies. Cette vie professionnelle enfin retrouvée ... Qu'elle m'avait manquée ! Je navigue parfois à vue, entre tout ce qu'il y a à faire, tout ce que j'aimerai faire, et finalement, ce que je fais. C'est déjà pas mal, me diras-tu.

Les blogs sont-ils démodés? Remplacés par des tweets à tout va, où seul l'instant prime. Non mais, imagine un peu : "je vais me doucher"; "je suis sous la douche", "je suis habillé", "je vais manger". Mieux encore : "je suis au boulot"; "je surveille mes enfants"; "je roule dans ma décapotable". Le virtuel pour se sentir vivant. Ecouté. Admiré.

Je m'inclus dans l'histoire. Et je souris dès que je prends du recul.

Je t'ai montré ce petit bout de moi, petit chemin de vie fait de tout petits riens. Tu m'as dit que tu me lisais. Mieux, que tu me comprenais. Je ne sais dans quelle mesure je peux te croire, mais si tel est le cas, alors tout est bien. Alors, il ne faut rien regretter.

Je laisse la vie couler, celle que je me suis tracées à coups de machette dans les ronces de l'aléatoire. J'ai enfin pris les rennes; et si tu peux faire partie de cette vie-là, n'hésite pas.

Il y a quelques jours, en parlant des années qui passent, on m'a imposé une reflexion. A trente ans, on commence à vivre dans un état d'urgence. Comme si chaque jour était compté.

D'aussi loin que je me souvienne ... j'ai toujours vécu dans cette urgence. Vivre tout pleinement, hâter ... non ... précipiter les événements - du moins, ceux qui nous tiennent à coeur-.

Dans "Remember Me", elle lui dit : "je commence toujours par le dessert. Imagine que je meurs pendant le diner, une rupture d'anévrisme ou un météorite qui tombe sur le restaurant. Peux-tu me jurer que cela n'arrivera jamais? Ne t'en voudrais-tu pas, si cela arrivait malgré tout, de m'avoir privé de ma toute dernière gourmandise" ?

Cela résume mon état d'esprit d'alors.

A présent, j'ai appris, avec l'âge justement, à patienter. A apprécier l'attente, parfois languissante, mais qui rend le moment "M", l'instant "T" si jouissif. Ce qui ne m'empêche pas de trépigner, par moment. Ce qui ne m'empêche pas de me projeter, toujours, vers demain.

Mais c'est cet équilibre entre la patience et l'urgence qui contribue à cette forme de sérénité.


Ce que je peux avoir aujourd'hui et ce qui attendra demain.

Ce que je vis aujourd'hui, et ce que je vivrai demain.

Et aujourd'hui, c'était une belle(re) rencontre. Toi.

17:28 Écrit par Chlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Sympa le clin d'oeil, d'autant plus quand c'est écrit d'une si belle plume... Très belle analyse de soi ;-)
J'ai remis la main sur le courrier mais pas (encore) sur la fameuse photo !
Bizouille

Écrit par : Me | 22/04/2010

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