07/05/2010

Grand Pa

Nota : apparemment, mon blog s'affiche correctement sous Firefox et Google Chrome uniquement. Sorry pour la pub Rigolant.

 

Bon, il y a un article que je tente d'écrire et pourtant, j'ai bien du mal à l'achever. Il concerne mon beau-père, alias "Grand Pa" pour les enfants, qui nous a quitté bien trop tôt l'année dernière.

Cependant, je ne résiste pas à vous faire partager (ou partager à nouveau) un texte le concernant, issu de mon blog courant 2004. Avec lui, on ne s'ennuyait jamais !

Je vous le copie/plaque tel quel, fautes d'orthographe incluses, qu'importe, c'est ce texte-là qu'il avait imprimé et qu'il emportait au travail, dans son attaché-case, pour le faire lire à ses collègues.

Souvenir d'une soirée mémorable ...

Belle lecture !

.. comme quoi, tout arrive ! Petit résumé de la soirée d'hier ...
 
17 h : Visite de mes beaux-parents, promenade sur la braderie qui se tient ce week-end dans ma rue. Jusque là, tout va bien ...
19 h : Ils nous proposent de descendre en ville pour manger un morceau dans un café-restaurant que G. et son papa apprécient beaucoup . Belle-maman et moi acceptons volontiers (autant se faire chouchouter quand on peut ;-) ) . Jusque là, tout va bien ...
 
C'est dans ce café-restaurant, le F*** , que tout a commencé ...
 
Beau-papa veut nous offrir l'apéro. Le serveur, à la mine très sympathique, joviale même, s'empresse autour de nous ( nous étions presque les seuls clients). Il nous demande, avec un accent très prononcé, ce que nous désirons boire.
 
Beau-papa : " Un Picon Vin Blanc mais sans grenadine".
Le serveur : " un vin blanc grenadine, oké ! "
Beau-papa : " Non non, un Picon Vin Blanc SANS grenadine"
Le serveur : "Monsieur, montre sur la carte, parce que je ne comprends pas"
Et beau-papa de montrer ...
Le serveur : "Ah, un Picon Vin Blanc grenadine"
Beau-papa (patient) : "Oui c'est presque ça, mais SANS grenadine"
( ...)
 
Au tour de G. à présent :
G. "Et pour moi, un pisang orange"
Le serveur : " J'ai seulement du Looza orange, je n'ai pas de * pissa orange* "
G. "Non, non, pas un Looza orange, un pisang orange !"
Le serveur : "Mais monsieur, je n'ai que du Looza ..."
G. et moi (en choeur) : " " Un PISANG orange s'il vous plait !"
Le serveur : " Ahhh, un pisang orange, oké !"
(Ouf ...)
 
Clin d'oeil complice entre belle-maman et moi, notre choix semble plus facile, son orangeade et mon lait russe ont posé nettement moins de problèmes. Je ne peux m'empêcher de dire tout bas :
 
"Hé bé les enfants, avec ce serveur-là, on peut commander à manger, mais à mon avis, on ne mangera pas ce qu'on a commandé ... "
 
Beau-papa, décidemment d'humeur très généreuse, nous invite à commander une entrée. Nous n'étions pas au bout de nos peines ...
 
Beau-papa : "En entrée, je prendrais les * sauteuses des prés sauce à l'ail*"
Prudent, il ajoute : " Je suppose que ce sont des cuisses de grenouilles"
Le serveur : " Sauteuses à l'ail, oké !"
Il prend ensuite note des trois autres commandes, je lui demande des croquettes de volaille. Ca fait un bail que je ne n'en ai pas mangées, et j'avoue que j'adore ça !
 
Dix bonnes minutes plus tard, le serveur revient vers notre table, un peu penaud. Il s'adresse à beau-papa :
Le serveur : "Monsieur, il y a un problème avec votre commande, c'est quoi des sauteuses à l'ail ?"
Beau-papa : "Des cuisses de grenouilles ..."
Le serveur : " Monsieur, montre encore sur la carte, je ne comprends pas"
Beau-papa, toujours patient mais perdant progressivement le sourire, lui montre. Le serveur repart en cuisine, l'air satisfait. En prime, nous lui avons passé commande des plats de résistance.
Et G., belle-maman et moi, d'être hilares ...

Les entrées arrivent (au compte goutte). Sur mon assiette gisent tristement deux croquettes de volaille, maigrichonnes et surtout ... complètement brûlées ! Je fais un effort, devant la mine déconfite de notre serveur (élu à l'unanimité le serveur le plus comique de Liège), et enfourne un morceau de croquette. Non, décidemment, c'est vraiment brûlé, je ne saurais pas avaler cette substance qui me flanque la nausée.
 
On appelle timidement le serveur :
Moi : "Désolée, Monsieur, je ne saurai pas manger cela, c'est brûlé...".
Le Serveur : " Je le vois bien, mademoiselle, je le rapporte en cuisine et on vous en refait".
 
Nous observons alors le serveur s'expliquer avec le cuisinier (d'où nous sommes, nous avons vue sur la cuisine, ouverte sur la salle). Visiblement, le ton monte entre les deux hommes. Tout à coup, on voit le cuisinier sortir du restaurant, fâché, et hurlant : "Il n'y a plus de croquettes, alors fais comme tu veux, envoie les grenouilles !". Le serveur se lance à sa poursuite, et nous dit, en passant devant notre table : "Ne vous inquiétez pas, j'arrange le problème".
 
Nous observons la scène, et j'ai vraiment du mal à retenir un fou-rire. Le serveur revient quelques instants plus tard, et m'explique qu'il n'y a plus de croquettes. Ce n'est pas grave, lui dis-je, je fais l'impasse sur l'entrée.
 
Le cuisinier revient dans le restaurant (ouf, on aura peut-être une chance d'avoir le plat de résistance ;-) ), l'air mauvais. Il reprend sa place en cuisine, et les cuisses de grenouilles arrivent pour beau-papa. Entretemps, G. et belle-maman ont eu le temps de finir leur entrée.
 
Nouvelle scène dans la cuisine : des flammes s'élèvent d'une poële. Ca y est, le cuistot est de mauvaise humeur et veut mettre le feu à tout ? Ah non, c'est un accident. La fumée envahit le restaurant, et la serveuse, mi-figue mi-raisin, ouvre la porte fenêtre derrière nous (Aglagla ! ). Si ca continue, je vais l'avoir, ce fou-rire !
 
Tant bien que mal, les plats principaux arrivent. G., qui voulait un steak bien cuit, reçoit un steak saignant. Beau-papa, qui voulait une sauce aux champignons sur un steak bleu, se retrouve avec un steak bleu, mais les champignons ne sont pas cuits (bref, tout est bleu). Belle-maman reçoit une salade aux lardons en lieu et place de la salade de crabe commandée, salade qui viendra quand même par la suite ... et nous ne savons pas quoi faire de la salade aux lardons ... Et moi qui attendais avec impatience (ben oui, je commencais à avoir cruellement faim !) mon spaghetti au pesto, je me retrouve avec une assiette débordant de pâtes ... avec un ridicule filet de sauce basilic-oignons par-dessus ...
 
On mange ce que l'on peut / ose avaler , je picore dans les frites de G., délaissant mon plat de pâtes (réellement infect à manger), beau-papa trempe des bouts de pain dans sa sauce en prenant garde à ne pas attraper un champignon, belle-maman, que tout ce cirque commence à stresser, mange à peine trois feuilles de salade ... Derrière nous, le patron, finalement sorti de sa cachette, engueule le serveur, qui lui-même engueule le cuisinier, la serveuse pleure et se console dans les bras du patron ... C'est l'Apocalypse Bouffe ...
 
Tous les quatre, nous voudrions les rassurer, leur dire que ce n'est pas si grave que ça ... Qu'on ne fait pas partie du Guide Michelin, que nous ne sommes pas membres de la famille royale ... On commence à se sentir mal à l'aise, et demandons l'addition.
 
Le serveur revient avec sa souche, en disant : "Le patron m'a dit de vous dire que c'était pour la maison, mais je ne comprends pas ..."
Nous lui conseillons d'attendre que le patron revienne (il a mystérieusement disparu avec la serveuse), car nous n'avons pas envie de filer à l'anglaise sans payer, et qu'éventuellement, cela retombe sur le pauvre serveur, qui a perdu le beau sourire qu'il affichait au début de la soirée.
Nous entamons le dialogue avec lui . Il nous explique alors que le cuisinier qui nous a servi, remplace le cuisinier habituel qui est blessé pour le moment. Que lui-même a fait l'erreur de travailler dans ce restaurant, vu l'ambiance et les heures de travail. Il vide son sac, visiblement ça lui fait du bien, on l'écoute religieusement.
 
Le patron réapparait, le serveur lui demande des explications supplémentaires, et il en ressort que la moitié de notre addition est offerte par la maison.  Après un bref remerciement, nous nous dirigeons vers la Maison du Peket, endroit de prédilection que je voudrais faire découvrir à beau-papa. En chemin, belle-maman s'inquiète de savoir si je n'ai pas faim (je n'ai quasi rien mangé de la journée). On longe le Quick, le Mac Do ... Non, vraiment plus faim, ça m'a malgré tout un peu coupé l'appétit ... Surtout la réaction quasi violente du cuisinier ...
 
La soirée continue, placée sous le thème de "pas d'bol" : la Maison du Peket" est bourrée de monde, on rebrousse chemin, direction le tam-tam. Jus de fruits pour moi (bel effort, pour mon p'tit bout d'cul ;-) ), tequila frappée pour beau-papa, on se détend, et nous avons même droit à un serveur (encore un, oui ...) qui chante tout en déposant notre commande sur la table.
 
En résumé, chouette soirée (je n'oublie pas ce fou-rire que j'ai eu tant de mal à réprimer ...), que je vous relate ici pour vous faire sourire, rire, et pour moi, ne jamais l'oublier !
 
Si vous aussi, vous avez déjà vécu ce genre de situation, n'hésitez pas à me les raconter !

17:54 Écrit par Chlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |