12/03/2011

Vers une pédagogie de l'autonomie ?

Au hasard de mes surfs (pas sur la vague, sur le net Pied de nez !), je suis tombée sur un blog sympa, qui contenait deux mots qui m'ont interpellée. Un mot connu (pédagogie), l'autre, inconnu (Montessori).

Comme je n'aime pas ne pas comprendre, j'ai lu le blog et pris d'autres renseignements. Il s'agit, en très résumé et en très large, d'une approche quelque peu issue de la tendance romantique de l'éducation, à savoir : l'enfant a son libre arbitre dans l'apprentissage, à condition qu'on lui ait présenté les activités propres à son âge. Autrement dit, une activité présentée et laissée de côté par l'enfant pendant un certain temps n'est pas fâcheux : un jour où l'autre, il la reprendra entre ses mains et la réalisera. Les activités (ou ateliers) en question balaient une large période de l'apprentissage, en ce y compris jusqu'à la lecture et aux fractions (dans ce que j'en ai lu, mais j'imagine que cela va encore plus loin...).

Présentée comme je viens de le faire, cette pédagogie choque quelque peu nos convictions les plus profondes, n'est-ce pas ? J'ai d'abord réagi comme toi, cher lecteur de passage. A la fois émerveillée par le matériel mis à disposition des enfants, et sceptique quand à ce libre arbitre laissé à ces derniers. 

Depuis, j'ai dormi quelques nuits dessus et j'ai pris du recul. Tout n'est peut-être pas à prendre, mais tout n'est peut-être pas à jeter ... Maria Montessori a raison, dans un sens : certains ateliers "pratiques" forment la motricité de l'enfant et ont tendance, dans nos vies rapides, à être laissées de côté par nous, les adultes (!), voire carrément zappées de l'éducation. 

Un exemple éclairant ? Mes enfants (3 et 6 ans, plus quelques poussières de mois) ont des chaussures à "scratch". Pourquoi ? 

-raison 1, l'évidente : ce sont des garçons, ils aiment les baskets (et vu le sable jaune qui jonche leur cour de récré, je n'investis plus en godasses).

-raison 2, la réelle : dans la course du matin, ça m'aide énormement de ne pas devoir m'énerver sur le laçage de chaussures.

Résultat : mes garçons ne savent pas faire de noeud (aucun).

Or, c'est  important. C'est un mouvement qui demande concentration ET agilité des doigts. 

 

Des exemples, j'en ai des tas à donner. On fait vite, et surtout, on fait mal. Tu ne me crois pas ? 

Yoann, première primaire (CP), n'est pas précis dans l'écriture. Ce qui lui fait perdre des points en dictée, d'ailleurs. Timothé est d'une maladresse ... Beaucoup de choses, entre ses mains, finissent par atterir sur le sol.

 

Maria Montessori propose un "cadre des noeuds", pour s'entrainer sur un support ludique :

cadre, noeuds

En lisant plus en profondeur les blogs de "mamans montésoriennes", j'ai encore tiqué. 

Selon Maria Montessori, il faut idéalement dédier une pièce aux activités. J'ai beau compter et recompter les pièces de ma maison (future véranda incluse), à moins de déménager, pas moyen ici. Mais ai-je vraiment envie de transformer ma maison en "lieu d'activités pédagogiques montésoriennes"? Où est le rôle de l'école ? Celui de l'éducateur ? Celui de la maman (et du papa)? Ne sommes-nous là que pour les aider à faire leurs devoirs ? (cette dernière phrase est la conséquence de nombre d'heures que nous passons par semaine aux côtés de Yoann, noyé sous les devoirs -  comme tous les enfants de sa classe-).

Oui et non, j'en ai envie. Non, parce que je trouve qu'il leur faut des moments "off" apprentissages. Rien que du temps pour jouer. Ou ne rien faire. Ou se détendre. Ou se défouler. Oui, parce que je suis consciente que l'école ne leur apprendra pas tout. Et si moi, à mon niveau de maman, je peux leur donner ce petit coup de pouce nécessaire à gagner en autonomie, alors je prends. 

Partant de ce constat (et d'autres encore, qui me sont sans doute plus personnels), j'ai donc décidé d'étudier de plus près cette pédagogie. Pour l'appliquer ici, mais à ma sauce (ceux qui me connaissent sourient en coin).

Maria Montessori était une femme intelligente. Elle prônait entre autre, le "une couleur à la fois" pour les petits. Hier, profitant du congé pour peinturlurer un peu avec mes loustics, j'ai vite constaté qu'elle avait (ô combien) raison. Yoann est grand, et devient soigneux (lentement, mais sûrement).


Regarde sa "palette des couleurs" et celle de Tim, ainsi que les "oeuvres" ...

 

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J'ai repensé, après quelques tentatives pour guider Timothé dans l'utilisation de sa palette, à ce que disait Maria. Et j'ai appliqué : 4 couleurs, chacune versée dans un pot en verre, avec un pinceau par pot.

Voilà ce que cela donne : (côté Timothé)

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En tous cas, ils se sont bien amusés, et c'est ce qui compte ! 

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Quant à moi, il me reste à convaincre l'homme de la maison d'investir dans un (tout petit de rien du tout) meuble, destiné à accueillir les quelques activités montésoriennes que je compte mettre en place... Hi hi !

09:23 Écrit par Chlo dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Très intéressant, merci de le partager !
Bravo Timothé !

On peut voir le résultat de Y. ? il a pas envie de publier son oeuvre ?

Note pour plus tard: relire cet article avec attention ;) Dès qu'on a de la place pour un tout petit meuble de rien du tout !

Écrit par : Denis | 15/03/2011

Héhé, dans la photo de "toutes leurs oeuvres", il y a celle de Yoann ... ;o))) Je continuerai à partager mes découvertes avec vous (et à l'occasion je vous montrerai les livres).

Écrit par : Chloe | 15/03/2011

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